Dans un contexte géopolitique marqué par l'instabilité croissante et la multiplication des conflits à l'échelle mondiale, le gouvernement du Canada a franchi une étape historique le 6 octobre 2026 en déposant le projet de loi C-40 : Renforcer le secteur de la défense du Canada. Cette législation vise à transformer en profondeur la façon dont le Canada gère ses acquisitions militaires, en élevant l'Agence de l'investissement pour la défense (AID) au rang de société d'État et en lui conférant les pouvoirs, la souplesse opérationnelle et l'expertise spécialisée nécessaires pour agir avec rapidité et efficacité face aux menaces d'aujourd'hui.
Un monde en mutation exige des institutions à la hauteur
L'ordre international fondé sur des règles s'effrite, et le Canada doit s'adapter avec ses alliés. Créée en octobre 2025 par le nouveau gouvernement du Canada, l'AID a déjà facilité des achats stratégiques importants contribuant à l'autonomie souveraine du pays. Toutefois, pour répondre à l'ampleur et à l'urgence des défis actuels, une réforme législative s'imposait. Le projet de loi C-40 constitue la prochaine étape logique de cette modernisation sans précédent, en dotant l'AID d'un cadre juridique solide pour mener à bien son mandat de façon autonome et agile.
Les principales mesures du projet de loi C-40
Le projet de loi C-40 prévoit plusieurs dispositions structurantes pour le secteur de la défense canadien. Il crée officiellement la Société canadienne d'investissement pour la défense, qui continuera d'exercer ses activités sous le nom de l'AID. Cette nouvelle entité bénéficiera de son propre conseil d'administration, d'une plus grande indépendance institutionnelle et d'une autorité accrue pour négocier et gérer les contrats de défense à grande échelle.
La loi habilite également l'AID à participer directement à des activités de production, d'approvisionnement et d'investissement dans le domaine de la défense, en soutien aux priorités opérationnelles, aux besoins en capacités et aux critères d'acceptation définis conjointement par le ministère de la Défense nationale (MDN) et les Forces armées canadiennes (FAC). Cette intégration directe au portefeuille de la Défense nationale élimine les couches bureaucratiques superflues qui ralentissaient historiquement le processus d'acquisition.
Une autre mesure phare est la modification de la Loi sur la défense nationale pour créer un nouveau poste de ministre associé de la Défense nationale pour l'approvisionnement. Ce poste regroupera les pouvoirs en matière d'approvisionnement et de commerce, et renforcera la responsabilité quant à la mise en œuvre des marchés publics au sein du portefeuille de la Défense nationale. L'honorable Stephen Fuhr, Secrétaire d'État (Approvisionnement en matière de défense), est au cœur de cette réforme institutionnelle.
Un levier puissant pour l'industrie canadienne de défense et d'aérospatiale
Au-delà de ses objectifs strictement militaires, le projet de loi C-40 est conçu comme un véritable catalyseur économique pour le Canada. En tant que société d'État, l'AID disposera des outils commerciaux nécessaires pour maximiser les retombées industrielles des investissements historiques en défense : renforcement des chaînes d'approvisionnement canadiennes, stimulation de l'innovation technologique, attraction d'investissements étrangers directs et création d'emplois de qualité dans les secteurs de la défense et de l'aérospatiale. Ces investissements de portée générationnelle visent à sécuriser les capacités souveraines du Canada pour les décennies à venir.
Pour le secteur aérospatial québécois et canadien, cette réforme représente une occasion sans précédent. Les entreprises spécialisées dans la fabrication de composants aéronautiques, les systèmes de surveillance aérienne, les technologies de communication sécurisée, la maintenance d'aéronefs militaires et les solutions de cybersécurité pourraient bénéficier d'un accès facilité aux grands contrats de défense, ainsi qu'aux chaînes d'approvisionnement des pays alliés.
Vers une coopération internationale renforcée
Le projet de loi C-40 positionne également le Canada comme un partenaire de sécurité plus actif et crédible sur la scène internationale. L'AID sera habilitée à appuyer des programmes conjoints d'approvisionnement en défense, notamment dans le cadre de la participation canadienne à Agir pour la sécurité en Europe (SAFE) et à l'initiative Préparation à l'horizon 2030. Cette collaboration internationale renforcée améliorera l'interopérabilité des forces alliées, offrira aux fournisseurs canadiens un meilleur accès aux marchés des pays partenaires et permettra de tirer parti d'économies d'échelle significatives sur les grandes plateformes d'équipement militaire.
« Le Canada effectue un investissement générationnel dans notre défense et notre sécurité, et nous avons besoin d'institutions à la hauteur de l'ampleur et de l'urgence de cette ambition. L'établissement de l'Agence de l'investissement pour la défense en tant que société d'État lui donnera la souplesse et l'expertise spécialisée nécessaires pour agir plus rapidement, faire des investissements stratégiques et fournir les capacités dont nos forces armées ont besoin. D'une façon tout aussi importante, cette mesure nous permettra de mettre à profit nos investissements dans la défense pour renforcer notre souveraineté tout en bâtissant une industrie de défense canadienne robuste, en attirant des investissements et en créant des possibilités économiques durables et des emplois de qualité ici au pays. » – L'honorable Stephen Fuhr, Secrétaire d'État (Approvisionnement en matière de défense)
Des retombées concrètes pour l'emploi en aérospatiale au Québec
La transformation historique de l'approvisionnement en défense au Canada ouvre de nouvelles et nombreuses perspectives d'emploi dans toute la chaîne de valeur aérospatiale et de défense. Ingénieurs en aérospatiale, gestionnaires de projets de défense, spécialistes en chaîne d'approvisionnement, experts en systèmes intégrés, techniciens en avionique, professionnels en sécurité et en cyberdéfense : les besoins en main-d'œuvre hautement qualifiée iront en croissant dans les mois et années à venir, à mesure que les grands contrats prendront forme sous l'égide de la nouvelle société d'État.
Le Québec, avec son écosystème aérospatial de calibre mondial concentré autour de la grande région de Montréal, est particulièrement bien positionné pour saisir ces opportunités historiques. Des entreprises telles que Bombardier, Bell Textron Canada, CAE, Pratt & Whitney Canada, L3Harris Technologies et une multitude de PME innovantes de la chaîne d'approvisionnement pourraient bénéficier directement de l'accélération des dépenses de défense rendue possible par cette réforme législative majeure.
Restez à l'affût des opportunités sur AeroEmploi
Vous travaillez dans le secteur aérospatial ou de la défense au Québec, ou souhaitez y bâtir votre carrière ? Consultez AeroEmploi.ca, le portail d'emploi spécialisé en aérospatiale du Québec, pour découvrir les dernières offres d'emploi dans les entreprises qui façonnent l'avenir de la défense et de l'aviation canadiennes. Avec la mise en place du projet de loi C-40, les opportunités de carrière dans l'industrie de défense canadienne n'ont jamais été aussi nombreuses et prometteuses.