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ACDC à Ottawa : première délégation pour réformer l'approvisionnement en défense

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Le 3 novembre 2026, l'Alliance des compagnies de défense canadiennes (ACDC) a dépêché sur la colline du Parlement, à Ottawa, sa toute première délégation nationale d'entreprises de défense et à double usage. Cette démarche historique vise à réclamer une meilleure reconnaissance de la propriété et du contrôle canadiens dans l'approvisionnement en matière de défense, ainsi qu'un parcours plus clair et plus souple entre la mise à l'essai des technologies et leur acquisition opérationnelle par les Forces armées canadiennes.

La délégation, composée de représentants d'entreprises œuvrant dans plusieurs secteurs stratégiques dont l'aérospatiale, les systèmes autonomes, les technologies marines et spatiales, la fabrication de pointe, les capteurs et la cybersécurité, rencontrera de hauts fonctionnaires fédéraux et des parlementaires. L'objectif consiste à faire valoir des recommandations concrètes issues d'un vaste dialogue mené par l'ACDC auprès de près de 90 entreprises canadiennes à travers le pays, ainsi que d'un sondage national mené auprès de ses membres.

Un constat largement partagé par l'industrie

Au fil des consultations, les entreprises interrogées ont fait état de difficultés récurrentes à décrocher des contrats après des essais militaires concluants. Elles déplorent également un manque de visibilité sur les décisions d'approvisionnement et de nombreuses incertitudes quant à la demande future en matière de défense. Plusieurs se demandent si les politiques actuelles tiennent suffisamment compte de la propriété et du contrôle canadiens, en particulier dans les secteurs prioritaires liés aux capacités souveraines du pays.

« Au cours des derniers mois, nous avons discuté avec des entreprises de défense et à double usage de partout au Canada, allant des jeunes pousses technologiques aux fabricants bien établis. Malgré la diversité de leurs capacités et de leurs expériences, leurs préoccupations sont remarquablement similaires en ce qui concerne l'approvisionnement, l'accès aux occasions d'affaires et la prévisibilité nécessaire pour investir et croître », affirme Dasha Cohen, directrice générale de l'ACDC.

Un signal clair pour l'emploi et l'investissement

Selon les résultats préliminaires du sondage national mené par l'ACDC auprès de 49 entreprises de défense et à double usage, une plus grande prévisibilité de la demande canadienne future pourrait se traduire par des gains considérables. Ainsi, 86 pour cent des répondants affirment qu'ils embaucheraient du personnel supplémentaire, 73 pour cent développeraient de nouvelles capacités, 67 pour cent augmenteraient leur capacité de production ou de livraison, et 67 pour cent accroîtraient leurs activités de recherche et développement. Pour le secteur aérospatial québécois et canadien, ces chiffres représentent une occasion majeure de création d'emplois spécialisés et de consolidation de la chaîne d'approvisionnement.

Renforcer la capacité industrielle canadienne

L'ACDC demande que les politiques d'approvisionnement en matière de défense fassent une distinction nette entre les entreprises qui exercent simplement des activités au Canada et celles qui appartiennent à des intérêts canadiens et sont contrôlées par ceux-ci. Au-delà de la propriété, il s'agit de tenir compte de l'endroit où se trouve la propriété intellectuelle, de l'endroit où se prennent les décisions clés, et de la capacité réelle à produire et à entretenir au Canada les technologies de défense essentielles. Alors que les dépenses militaires fédérales augmentent de manière significative, ces distinctions permettront de déterminer si les fonds publics contribuent à bâtir une capacité industrielle canadienne durable.

De l'innovation au déploiement opérationnel

L'ACDC propose une approche d'approvisionnement graduelle, assortie de processus simplifiés pour l'attribution de contrats initiaux de moindre envergure, puis de commandes plus importantes à mesure que les technologies franchissent des jalons opérationnels et de performance. Une collaboration en amont avec le personnel des Forces armées canadiennes, des échéanciers d'approvisionnement plus clairs et une demande plus prévisible aideraient les entreprises à mettre au point des technologies adaptées aux besoins militaires.

« Le Canada ne peut se dire souverain dans l'espace si chacun des satellites dont il dépend doit être lancé par une fusée appartenant à un autre pays. La souveraineté, c'est déployer et exploiter une capacité sans demander la permission à qui que ce soit, et ce n'est possible que si cette capacité est conçue, construite et contrôlée au Canada, de la propriété intellectuelle jusqu'au logiciel », soutient Bachar Elzein, fondateur et PDG de Reaction Dynamics.

La délégation comprend des représentants de North Vector Dynamics, Dominion Dynamics, OVA, PV Labs, Kraken Robotics, Reaction Dynamics, Kepler Communications, JASCO Applied Sciences, Wuxly, Qohash et Canadian Strategic Missions Corporation (CSMC). Fondée par ses coprésidents Eliot Pence, de Dominion Dynamics, et Paul Ziadé, de North Vector Dynamics, l'ACDC représente environ 200 entreprises canadiennes du secteur.

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