Selon le vice-président au C Series, Rob Dewar, l’un de ses principaux atouts de vente serait l’AHMS (Aircraft’s Health Management System, qui se traduit en français par Système de gestion de l’état de l’avion).

système fast

système fast

Ce système, qui enregistre plus de 5000 paramètres, permet un suivi en temps réel de la condition de l’avion avec des communications bidirectionnelles. Une fois qu’il sera en activité avec les compagnies aériennes, le C Series n’aura donc pas besoin d’inspection quotidienne et hebdomadaire. Il n’aura besoin que d’une inspection toutes les 100 heures de vol. Même une réserve d’huile supplémentaire a été prévue afin de tenir entre les inspections. Au lieu d’être aux 500 et 5000 heures, les vérifications de type A et C se feront aux 850 et 8500 heures tandis que les inspections structurales auront lieu tous les 12 ans plutôt qu’aux 8 ans actuellement en vigueur. Cette diminution des entretiens n’est possible que grâce à la présence de l’AHMS, qui permet de savoir quel est l’état d’usure et de fonctionnement de nombreuses composantes critiques.

 

L’AHMS a déjà eu l’occasion de faire ses preuves sur l’avion P1 qui sert à faire les essais de fonctionnalité et de fiabilité du C Series. Lors d’un des vols d’essai, l’AHMS a rapporté une légère anomalie d’un des systèmes hydrauliques, qui a été identifiée par l’équipe au sol à Mirabel, mais comme il s’agissait d’un problème mineur, l’avion a poursuivi son vol. Pendant ce temps, des dispositions avaient été prises afin qu’à destination (pas à Mirabel), l’avion entre dans un hangar pour la nuit pour y effectuer la réparation nécessaire. Les techniciens ont effectué les réparations durant la nuit et l’avion a été en mesure de prendre le départ à l’heure prévue le lendemain matin.

P1 à Stockholm

P1 à Stockholm

Parmi les 5000 paramètres qu’enregistre l’AHMS, tous ceux qu’enregistrent les boîtes noires des avions modernes s’y trouvent. Comme l’AHMS peut transmettre ces informations en temps réel, offrir le stockage et la préservation des données dans un format conforme aux normes des organismes d’enquête sur les accidents d’avion ne devrait pas poser problème. Puisque l’AHMS utilise les satellites comme moyen de transmission de données, il est à noter qu’à compter de 2018, les services d’ADS-B seront disponibles à la grandeur de la planète. Ce service de satelllite, sera offert par une entreprise qui sera la propriété conjointe de NavCanada et d’Irridium. Il est fort possible que Bombardier attende que le nouveau déploiement de satellites soit complet et fonctionnel avant d’annoncer le service de boîte noire en temps réel. Probablement qu’elle ne veut pas avoir à justifier d’éventuels retards dans l’établissement du nouveau service, puisqu’elle n’a aucun contrôle sur le déploiement des satellites.

 

Lorsque j’ai mentionné à Rob Dewar que l’AHMS avait le potentiel pour faire du C Series le premier avion de ligne à un seul pilote, il m’a répondu que cela avait été envisagé au début du programme. Mais que l’absence d’un cadre réglementaire, conjugué au rejet du public face à une telle technologie, n’avait pas laissé d’autre choix à Bombardier que de mettre cette technologie de côté. Remarquez qu’à l’heure actuelle, les deux obstacles sont encore bien présents, mais si dans 20 ans la situation changeait, il ne serait pas nécessaire de redessiner un nouvel avion dans le cas du C Series.

 

J’en conclus que non seulement le C Series est présentement le meilleur avion actuellement disponible, mais qu’il est aussi l’avion du futur.